Croyant et laïc

Des lecteurs me croient agnostique. Au nom de Zeus ! Méprise totale. J’avoue croire pieusement à Aphrodite, déesse de la beauté, déesse vivante de l’amour, née de l’écume des flots à Chypre. Femme éternelle, autrement dit, déesse.

Mariée à Héphaïstos, dieu du Feu, elle entretient un nombre d’amants incalculable : Ares (le dieu de la guerre), Hermès (d’où l’enfant Hermaphrodite), Dionysos (d’où l’enfant Priape et le priapisme), Eros (d’où érotique), Adonis (d’où les roses rouges), … Par rapport à Jésus, Mahomet et les autres de portée locale, temporelle et communautariste, quelle présence universelle et éternelle !

Une femme, une vraie, sans voile, sans maquillage, sans Louboutin 12, une beauté hors classe (sociale). C’est elle qui a envoyé Marie de Magdala (Marie-Madeleine pour les chrétiens), une femme libre, pour faire l’éducation de Jésus de Nazareth. Le pauvre Christ, fils de son père, a succombé aussi aux charmes de cette Laïs intelligente.

Aphrodite Pandémos (populaire), Ourania (déesse de l’amour céleste), Nymphidia (déesse du mariage pour tous), Hétaïra (déesse des prostituées) Pontia (déesse marine [1]), Nikêphoros (déesse victorieuse), Euplea (protectrice des navigateurs) elle continue à faire des miracles tous les jours.

Deux représentations populaires méritent qu’on s’attarde un peu.
Aphrodite de Milo s’ennuie au sous-sol du grand magasin Louvre de la capitale. Volée avec la complicité de Dumont d’Urville, dont l’amphi en son honneur à l’université de Caen me répugne (j’ai changé d’amphi par respect pour mes étudiants). Valls se fera un plaisir d’expulser cette étrangère sans papiers, entrée clandestinement une nuit d’Avril 1820 dans notre territoire national.
Aphrodite de l’origine du Monde à la gare d’Orsay est la représentation de notre préféré Gustave Courbet, réponse à la pudeur chrétienne d’Olympia du timide Edouard Manet [2]. Cette icône d’Aphrodite a rendu fou notre Jacques Lacan national qui la possédait, étant possédé.

Y a-t-il une preuve de l’existence de Marie, sa concurrente chrétienne ?
Aucun scientifique à ce jour n’a réussi à démontrer la non existence d’Aphrodite.

[1] Yannis Tsarouchis, descendant d’Aphrodite, qui peint de jeunes marins est inspiré par la déesse de la diversité. Son jeune homme en vente chez Fabius-Piasa (2012) suffisait pour sensibiliser les derniers homophobes.

[2] Néanmoins, pour éviter les foudres de la petite bourgeoisie éclairée et « cultivée » nous accordons des circonstances atténuantes à ce républicain convaincu pour sa participation à la Commune.

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